a_douleurDepuis qques semaines j'enchaine garde sur garde, je n'ai pas pris le temps de toutes vous les raconter.. flemme quand tu nous tiens :) mais ce matin mon enthousiasme est tel que j'aimerai vous partager mes petites histoires... rien de bien passionnant mais un petit aperçu d'une garde d'externe en orthopédie (again... j'en suis pas fan au départ mais c'est mon pool de garde...)

En fait je vais prendre une seconde pour vous résumer les dernières gardes aux urgences et en neurochirurgie...

Les urgences, un monde à part... ou souffrance réelle, bobologie, cas sociaux, urgences vitales, se mêlent en un joyeux bazar. LE challenge : soigner les plus urgents, se débarrasser avec tact des consultations du dimanche", rassurer les anxieux, contenir larmes et cris et laisser tranquillement décuver la brochette de bourrés inévitables...

Je commence donc ce joli matin de Dimanche, je suis en retard, je cours dans la rue, me faisant haranguer par un de mes potes sdf, "pourquoi cours tu?", "jsuis en retard au boulot", "aaahhh mais prends donc ton temps, la vie est longue" avec un grand sourire... un petit brin de soleil ce matin :) Enfin, j'arrive dans notre service tout neuf des urgences, rien, tout est calme (je ne crois pas un instant que ça va le rester lol), me présente au senior de garde, cool c'est la chef super sympa... elle fait une étude sur la violence parisienne qui la sidère de plus en plus de jour en jour ;) (je vous en donnerait un aperçu dans mon petit résumé de neurochir qui suivra)

Ma première patiente de la journée, pour commencer cool, est une jeune fille, qui vient pour céphalées... à vrai dire à l'nterrogatoire, c'est plutot, une douleur du scalp comme un bleu sauf qu'elle a pas de bleu... elle commence a me sortir des théories sur des veines ou des nerfs qui lui poussent bizarrement.. heu, mademoiselle, comment dire... avec bcp d'ecoute, un grand sourire persuasif sur la bénignité de la chose et une ordonnance d'antalgiques, la miss nous quitte, rassurée sur son compte!

Après toute la journée j'ai enchainé les patients, du cirrhotique en décompensation, avec un ventre plein d'ascite plus gros que celui d'une femme enceinte (ma première ponction d'acsite d'ailleurs :p), une femme qui venait pour suspiscion d'infection urinaire mais apparement c'était plutôt mycose vaginale (mon stage de gyneco m'a bien aidée là) mais la femme semblait prendre un certain plaisir à être examinée ainsi par tt les trous... je suis restée, heu, comment dire, mal à l'aise! J'ai, poussé par ma chef, pris en charge seul un homme qui venait pour douleurs thoracique, très formateur.

Une de mes patiente s'est avérée être une interniste à la retraite.. avec une liste d'antécédents médicaux impressionnant... pas évident car elle me sortait des termes tronqués, et j'en comprenait pas la moitié, préférant passer pour une ignorante mais apprendre des trucs et être précise dans mon observ' plutôt que de me la fermer (classique)... et elle avait un peu tendance à manifester son dédain :D tant pis... finalement j'ai appris pas mal avec elle une fois qu'elle a compris que je n'étais pas une mauvaise bougre, juste jeune étudiante.

Ah oui j'ai pris en charge aussi une tentative de suicide chez une toxicomane d'une quarantaine d'année, avec 20cp de lexomil... pas assez pour attirer l'attention du chef de garde, trop pour pouvoir suivre un entretien psychiatrique... après mon examen physique, elle a roupillé dans le couloir toute la journée, et le soir, énervée par le manque d'intérêt qu'elle suscitait alors que c'était pour elle un geste d'une importance capitale (tu m'étonnes), elle s'est barrée... échec des urgences à mon sens, et très tristounet de n'avoir rien pu faire pour elle...

Autre urgence psy, une toute jeune fille, en délire post ivresse, ivresse pathologique comme on dit dans le jargon, attachée et désespérée, au proie d'une angoisse... on a du lui injecter dans un muscle son ampoule de loxapac car elle refusait des les avaler... j'avais l'impression qu'on la torturait, a 5 autour d'elle, a déshabiller sa cuisse, elle en furie, en pleurs, tellement touchante... et une infirmière qui lui promet de la détacher après, sachant pertinemment qu'elle ne pouvait pas, j'ai trouvé ça nul, même si on avait tous envie de lui dire oui oui on vous détachera... j'espère ne jamais mentir ainsi!

Et puis un jeune homme qui ne pouvait ni manger ni parler depuis qques jours a cause d'une candidose buccale impressionnante... due à un ttt par corticoide inhalés pour un asthme sévère. j'avais vraiment vraiment mal pour lui...

Puis une allergie aux sushis, une crise de palu, une rage de dents, une sciatique hyperalgique, etc... au moins c'est varié :)

Bon finalement je vais changer d'article pour la suite, à bientôt :)